Aucun amateur n’ignore la redoutable complexité des sols alsaciens tant dans leurs compositions que dans les aspects tout aussi variés et déterminants que l’exposition des parcelles exploitées, la déclivité du terrain, le milieu climatique.
Ce dernier est lui-même régi par de multiples composantes internes et enchevêtrées (la localisation des terroirs dans la plaine, la proximité des reliefs, les vents,…).
A ces embrouillamini factoriels, on ne peut exclure également :
* les divers paramètres qui influent sur la qualité du matériel végétal (production massale ou clonale des ceps, âge des vignes, politique de traitement sanitaire du vignoble,…)
* les méthodes et conduites d’exploitations de la production (comme la densité de répartition des plants);
* les rendements
* la date des vendanges
* les moyens de culture choisis par le vigneron pour l’obtention d’une matière première de qualité, les vendanges "vertes" par exemple
* les techniques de vinification mises en œuvre

Le secteur du vignoble alsacien, tel qu’on le connaît à ce jour, dans sa morphologie ou son apparence globale, résulte d’un cataclysme primordial qu’est l’effondrement d’une passerelle coiffant la Forêt Noire aux Vosges.
Cette considération géophysique qui semble lointaine (50 millions d'années) l'est beaucoup moins à l'échelle du temps géologique.
Il faut aussi tenir compte de quelques autres éléments événementiels antérieurs (mais aussi postérieurs) pour entrapercevoir un début d’instruction sur ce qui a engendré l’énorme diversité structurelle des sols ainsi que leurs compositions chimiques.
Notre propos n’est pas de tendre jusqu’à là, loin s’en faut mais l’on peut néanmoins facilement se rendre compte que l’écroulement de cet ancien massif préfigure pour une bonne part la conformation générale et paysagère de base de la zone viticole alsacienne qui peut se résumer par une plaine sillonnée d'un cours d'eau (le Rhin), surmontée à l'Ouest par les collines sous-vosgiennes (l'essentiel du vignoble et assurément le secteur de production vraiment digne d'intérêt) et les rebords de la montagne vosgienne (d’une production également qualitative bien que restreinte).
Ce qu’il est aussi notable de signaler est le fait que ces collines ont, à cette époque, été le réceptacle de 4 champs de fractures tectoniques dans le sens de la latitude (au niveau de Saverne, Ribeauvillé, Rouffach et Thann), morcelant profondément le vignoble en des unités très variées sur des distances parfois étroites.

L’originalité des collines sous-vosgiennes est imputable à ces deux bouleversements qui provoquent à la fois la mise à nu des roches sédimentaires (argile/calcaire/grès) accumulées pendant l’ère secondaire, procurent un climat privilégié (voir ci-dessous), déterminent des déclivités inégales et apportent une modulation dans les expositions de terrains qui conditionnent des micro-climats variés.
Les remaniements de surface qui se sont opérés par la suite, toujours à l’ère tertiaire (coulées de boues argileuses notamment), l’altération progressive et les phénomènes plus contemporains de la période glaciaire de l’ère quaternaire augurent, pour leurs parts et bien davantage, de la genèse de l’énorme complexité et de la disparité des sols alsaciens.
De ce qui vient d’être dit, il peut sembler évident mais est capital de comprendre qu’un vin d’une vertueuse expression sur un terroir défendable dépend assurément d'un microclimat favorable (avec notamment une bonne exposition), d'une matrice de culture adaptée (structure et composition du sol et du sous-sol d'une certaine détermination).
En ce qui concerne la climatologie on peut dire que l’Alsace s’en sort plutôt bien. Il s’agit d’une région ensoleillée et à la pluviométrie faible car protégée par les contreforts vosgiens des vents d’Ouest.
Les meilleurs crus sont exposés au Sud, Sud-Est ou Est et se cultivent sur les collines.
Crédits :
Avec la participation du
Civa (Conseil Interprofessionnel des Vins d'Alsace)
Photo par Philippe Chauvet (
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